Sous-traitance industrielle à Tarbes : la fragilité d'Europlasma doit alerter les PME
Le 16 octobre 2026, Europlasma a confirmé que sa filiale les Forges de Tarbes fait l'objet d'un signalement transmis par la Direction générale de l'armement à la procureure de la République. Le groupe dit l'avoir appris par la presse.
Forges de Tarbes : un donneur d'ordre industriel sous pression judiciaire
Les Forges de Tarbes fabriquent des corps creux d'obus de 155 mm pour les systèmes d'artillerie Caesar, livrés à KNDS, et exportent une partie de leur production. Le signalement de la DGA s'appuie sur l'article 40 du Code de procédure pénale : à ce stade, ce n'est ni une condamnation, ni la preuve qu'une infraction a été commise, mais il porte, selon la presse, sur des décisions de gestion du groupe.
Au même moment, la DREAL a mis en demeure la filiale sur la requalification d'équipements sous pression de sa presse de forgeage. Un calendrier de régularisation a été convenu avec l'État pour éviter une interruption de l'activité, mais la pression réglementaire est là, documentée et datée.
Un groupe en difficulté : liquidation en Bretagne, cession en suspens à Tarbes
Europlasma, cotée sur Euronext Growth, cumule les signaux négatifs. Le 15 octobre 2026, le tribunal de commerce de Lorient a prononcé la liquidation judiciaire de FDB Industries, une autre filiale du groupe qui exploitait la Fonderie de Bretagne.
Le projet de cession du pôle Défense d'Europlasma, en négociation exclusive depuis avril 2026, n'a toujours pas abouti six mois plus tard. Les comptes semestriels, attendus fin octobre, devront intégrer ces événements : liquidation d'une filiale, signalement judiciaire sur une autre, cession qui s'enlise.
Les Forges de Tarbes elles-mêmes ne sont pas en liquidation. Mais elles appartiennent à un groupe dont la trajectoire financière et judiciaire se dégrade sur plusieurs fronts à la fois.
Dépendance à un client unique : le vrai risque pour les PME sous-traitantes du bassin tarbais
Les Forges de Tarbes emploient un nombre significatif de salariés dans le bassin tarbais et font vivre, autour d'elles, tout un réseau de sous-traitants : mécanique, chaudronnerie, maintenance industrielle, logistique. Ce sont ces PME, pas le grand groupe coté, qui sont la cible de cet article.
Quand un donneur d'ordre de cette taille traverse une période aussi instable, trois signaux comptent plus que l'issue de la procédure judiciaire elle-même : un calendrier de mise en conformité imposé par l'État, une cession stratégique qui n'avance pas depuis six mois, et un groupe qui absorbe simultanément la liquidation d'une autre filiale. Aucun de ces trois signaux ne garantit un arrêt d'activité à Tarbes. Mais réunis, ils justifient de vérifier, dès maintenant, le niveau réel de dépendance de votre entreprise à ce client.
Une PME de la zone Bayonne-Biarritz-Anglet a déjà fait ce travail dans un contexte différent : elle a fait passer sa dépendance à un client unique de 70 % à 35 % de son chiffre d'affaires en dix-huit mois, en diversifiant méthodiquement son portefeuille. Une PME basque de géophysique pétrolière a suivi la même logique par anticipation, en préparant un plan B avant même que son client stratégique ne change de cap. Ni l'une ni l'autre n'ont attendu la crise pour agir.
Si votre PME travaille avec les Forges de Tarbes ou avec un autre donneur d'ordre industriel du bassin, la page du site consacrée à ce territoire détaille l'accompagnement proposé sur ces sujets de dépendance client.
si plus de 20 % du chiffre d'affaires de votre PME dépend directement ou indirectement des Forges de Tarbes ou du groupe Europlasma, chiffrez cette exposition avant la fin de l'année. N'attendez pas la publication des comptes semestriels fin octobre pour savoir si vous devez diversifier : commencez le diagnostic cette semaine, et visez une réduction concrète de cette dépendance sur un horizon de dix-huit mois.